2eme journee: on continue dans l’improbable

2 novembre 2008

Ouah! 20h.26 heure locale. Suis raide morte… Grosse grosse journee, avec deux visites (Qutb Minar et le temple bahai du Lotus), repas a la Feuille de banane a Conaught Place et recuperation au passage de mes deux shalwar chez le tailleur ou j avais amene le tissu hier. Juste incroyable cette journee. J ai rencontre deux femmes a mon hotel et on a decide de visiter ensemble. Demain, je change d hotel pour m installer plus pres du centre en prevision du depart mardi matin a 7h. pour Jaipur.

Demain aussi, passage aupres de l ambassade suisse pour deposer quelques copies de documents officiels.

Hier, juste pour donner un apercu, je cherchais l office de tourisme officiel. On m a embarque chez un tour operateur, tres sympa, mais on n avait pas vraiment les memes projets (non non non, je n ai pas envie d aller a Dharamsala apres demain; si si si, je vais y passer mais pas tout de suite; ah non….. non le Rajasthan non plus, pas pour l instant; visite de la vieille et nouvelle ville cet apres-midi? comment dire… non, pas avec vous; maaaaaaaaaaaaaiiiiiiiis non, je sais bien que vous n essayez pas de m arnaquer; oui oui oui, je remarque a quel point ma securite compte pour vous; donnez moi donc votre carte, je repasserai peut-etre lundi), puis enfin je trouve le bon office, qui m envoie au DTDC pour faire la reservation de mon billet de train, qui finalement sera une jeep partagee (si, je vais verifier aupres de l ambassade si je peux faire confiance). Un autre type a cette agence voulait lui aussi m emmener au Ladakh (mais si, regarde les photos comme ils ont l air satisfaits les touristes partis avec nous… la, tu vois, ils dansent a un mariage traditionnel). Deux heures plus tard, a bout de force, je sors du bureau (sans avoir rien achete, ni reserve, ni signe, ni paye non plus). La rage, je decide d aller a Paharganj a pied pour reperer les hotels. Une femme a un arret de bus, serviable, m accompagne. La classe!

Paharganj trouve, je me balade, je repere les hotels, je ressors et veux aller au Fort Rouge (Lal Qila) dans le vieux Dehli, a pied (ca peut pas etre aussi loin, sur la carte j en ai pour a peine 30 min). Courageuse, j attaque et marche furieusement. Tout droit, tout droit. Je passe a cote de la gare, normal. Je continue, ok, tout va bien. Au bout d un moment, limite perdue (bon, courage, continuons, ayons l air sure de nous, si, je sais ou je vais et comment je vais y arriver). Des regards, oui, mais aucune agressivite chez les gens. Je finis quand meme par demander mon chemin a un homme (bien habille, pas un clochard). Il me fait signe de le suivre. Et me voila, suivant cet homme qui ne jette qu un regard de temps en temps pour etre sur que je suis toujours derriere lui. Bon, au cas ou, il y a des rikshaws partout. Il finit effectivement par m amener jusqu au Chandni Chowk , la rue qui amene tout droit au Lal Qila. Et il repart, sans plus de ceremonie. Je prends un rikshaw (un peu fatiguee) et m assieds a cote du Fort. Et retour a l hotel. Bilan de la journee de hier: des gens qui essayent d arnaquer, de faire payer plus, de vendre des arrangements inutiles, et des gens serviables, prets a aider.

C est assez difficile a imaginer pour nous Occidentaux que si les Indiens vont essayer de nous faire payer plus, ils ne sont pas pour autant agressifs physiquement. Des regards oui, mais on s habitue et il suffit de ne pas regarder en retour. Des gens qui m apostrophe, normal. Pas de reponse suffit. Se draper dans une dignite hautaine les eloigne la plupart du temps.

En tibetain, merci se dit « Dordjise ».

Et j ai recupere des adresses pour quelques villes, piquees a ces deux femmes. Susan, l americaine du Colorado, prof d ecole primaire (qui a vote Obama) et Seti, sud africaine vivant a Amsterdam, architecte.

J ai pris en photo mon tailleur, des enfants ont voulu que je les prenne aussi. Trop chou. Dans ce petit marche juste en face de Majnu Ta Killa, on a ete traite comme des locaux. C etait agreable. Et les prix, tres corrects, meme pas marchande. Je vous ferai signe demain pour vous dire si mes shalwar sont a ma taille.

Arrivee pour de bon!

31 octobre 2008

Ca y est, j y suis! Ouf! Mais oú exactement? Dans le quartier Majnu Ta Killa, alias la colonie tibetaine. D apres le guide, c est un quartier tranquille, et je suppose en effet qu a l echelle de l Inde, il doit l etre! Mais compare a Plan-les-Ouates ou a Certoux (elles se reconnaitront), ben c est carrement l anarchie deja! Mais bon, commencons par le debut.

Je recommande la compagnie Etihad, c est vraiment extra! Il y a trois menus a choix pour le souper, des ecrans de tele qui retransmettent en direct l atterissage et le decollage grace a une petite camera sur le devant de l avion (une premiere pour moi, waou!). Apres environ 6 h. de vol, escale a Abu Dhabi, oú toutes les personnes a qui j ai eu a faire etaient tout-a-fait polies et serviables. La salle de transit est extraordinaire: une sorte de salle ronde a deux etages, avec une colonne centrale qui s epanouit comme un jet d eau (soyons chauvins!) pour former le plafond, tout en rondeur et tapisse de azulejos (me souviens plus du nom en francais: c est pas des catelles, c est plus classe que ca) de couleur bleue.

Deuxieme vol, 3h.30 de long. Moi, morte de fatigue, je m ecroule des le decollage. L odeur du souper me reveille, mais j etais sacrement mal. Normal, j avais pas vraiment beaucoup dormi entre Geneve et Abu Dhabi. A cote de moi, un Indien, qui m aide a remplir le formulaire d immigration (des abreviations incomprehensible me rendaient la tache un peu difficile), et a finit par me donner plein de conseils sur les heures de rentree, les arnaques a eviter, les chauffeurs de taxi\rikshaw qui arnaquent les touristes. Super aimable. Il m a aussi donne son numero de tel (il est medecin) en cas de n importe quel besoin (si je suis malade, si je ne sais pas quoi visiter ni quoi faire, etc). Bon, ce voyage commence bien.

Atterissage a New Dehli, petit fremissement au coeur. Parce que jusqu alors, a part quelques pseudo larmes dans les yeux, je dois dire que je m etonne moi-meme de mon calme. En fait, je pense plutot que je ne realise pas encore que je suis la-bas, c est-a-dire ici. Mon cerveau refuse encore de faire le zoom arriere pour me faire comprendre que la Suisse est ailleurs qu ici. Bref, moral au beau fixe. ;-)

A l aeroport, petit frisson: ou sont mes bagages??? C est juste qu ils commencent un peu a tarder pour arriver, alors evidemment, je me dis « ca y est, ils sont perdus… Toute ma vie dans un sac (magnifique d ailleurs, merci Sarah) de moins de 12 kilos (vi vi vi, dont une bonne quantite de medics et recharches en tous genres, desinfectant pour les mains et autres lampes frontales) qui s evanouit, disparait et me laisse seule et desamparee (bon, j avais prevu une trousse de toilette d urgence et des sous vetements de rechange, donc pas autant desamparee que ca pour etre franche). Mais non, mon sac est arrive, tranquillement. Me suis achete une carte SIM indienne, ai change de l argent, et ai pris un taxi prepaye pour arriver a mon hotel (service officiel qui permet d eviter les arnaques aux debutants de mon genre).

Le taxi… Grandiose aventure pour ames en manque de sensations fortes. Dieu m est temoin, plus jamais je ne critiquerai la facon de conduire des Grecs, plus jamais! Parce qu ici, ca se depasse, se double, se colle, se freine d urgence a qui mieux mieux… Le klaxon a plusieurs fonctionnalites, dont voila les plus evidentes: « Casse-toi j arrive » ; « Je te double, ne bouge pas »; « Salut, ca fait longtemps »; »Les autres klaxonnent, je ne vois pas pourquoi je me priverais »; « Tiens, je m ennuie a un feu » et autres raisons vitales. Pour faire simple, tout le monde klaxonne n importe quand.

Et me voila donc dans le cyber cafe Gangchen de Majnu Ta Killa. Au poste d ordi d a cote, un moine en robe pourpre, a ma gauche une slave qui parle je-ne-sais pas quelle-langue sur Skype, je suppose (elle pourrait bien etre polonaise, ca sonne comme Dominika). Et moi, avec plein de points d interrogations autour de ma tete, plein de projets, d envies et d apprehensions. J ai deja vu mes premiers enfants mendiants, les premieres vaches sacrees et les premiers estropies. C est aussi ca l Inde.

En passant, mon cours de meditation a ete confirme. Je serai donc absente de la circulation du 16 au 27 voire 28 novembre. Et il semblerait que mon cours de hindi pourra se faire du 5 au 30 janvier, j attends la confirmation du responsable.

Enfin prête… ou presque

28 octobre 2008

Jour J -2… Reste plus qu’à faire le sac et récupérer le visa… en espérant qu’il soit bien prêt à temps. « 100% sûr », d’après l’employé du consulat… ???

Ebauche de plan

26 octobre 2008

Moitié suisse-allemande oblige, me voilà en train d’organiser le début de mon voyage, à défaut d’avoir déjà mon visa (crises cardiaques de ma mère et de ma soeur en fin de semaine passée… Clin doeil)

Alors, j’ai mon hôtel pour les 3 (probablement 4 finalement) premières nuits à NewDehli: le Potala House. Il est situé dans le quartier Manju Ka Tilla, ou Tibetan Colony. D’après le guide, il s’agit d’un quartier un peu excentré, mais tranquille, et constitue « le refuge idéal pour les voyageurs en quête de tranquillité » où on peut croiser « moines bouddhistes et des vendeurs de bibelots ». Moi, en quête de tranquillité? Sourire J’en suis déjà à me demander comment survivre à la sortie de l’aéroport…

Pour la suite, j’ai l’intention de continuer à Agra pour y passer une nuit et voir l’inévitable Taj Mahal. Ensuite, Gwalior, Jhansi, puis continuer direction Calcutta. En route, à Bodhgaya, cours de méditation Vipassana du 16 au 27 novembre (www.dhamma.org: non, ce n’est pas une secte) à l’endroit où, selon la légende, le Bouddha aurait atteint l’Eveil, justement en pratiquant la méditation Vipassana. Anecdote pour ceux qui ne connaissent pas: il faut respecter le Noble silence toute la durée du cours, c’est-à-dire 10 jours. On prend les paris? emoticone J’en entends déjà ricaner. Et si, moi aussi je peux ne pas parler, ça m’arrive.

Ah, en passant, mon cours d’hindi à Varanasi a été annulé, et il ne sera possible de le faire qu’à partir du 15 décembre. Qui m’a dit qu’il fallait être souple et adaptable dans la vie? emoticone Enfin, je m’adapte, je m’adapte et j’en profiterai pour traîner dans le Nord, dans les alentours de Darjeeling, avant de rejoindre une amie à Katmandou pour le 27 décembre. Probablement que j’y serai déjà pour Noël. Voilà. Du coup, je pense faire mon cours d’hindi en janvier, tiens, pourquoi pas à partir du 5? Comme ça, mine de rien, ça me case mon anniversaire dans une famille… Et après, direction sud en longeant la côte est, rejoindre une autre amie, pour finalement remonter direction Rajasthan et Gujerat et finir en beauté au Ladakh.

L’avant-voyage et ses bénéfices

26 octobre 2008

Quand j’ai confirmé mon billet, je n’avais qu’une vague idée des différentes démarches à entreprendre pour préparer mon séjour: vaccins, paperasse administrative, les inévitables listes des choses à prendre avec, à acheter (j’y suis encore en plein dedans…) etc. J’avais imaginé cette période somme toute assez tranquille, peut-être triste à l’idée de passer mes derniers moments avec mes amis, ma famille. Je n’avais pas pensé qu’il y aurait un effet secondaire non négligeable: vivre avant de partir.

Ca peut sembler bête, mais je n’ai jamais autant vécu en si peu de temps depuis cet été, depuis que le départ se précise et devient chaque semaine plus réel et concret. On devrait toujours vivre de la sorte, et j’espère bien garder cet état d’esprit à mon retour. Ce n’est rien de nouveau ni d’original, mais il faudrait réellement pouvoir vivre comme si nous n’avions plus qu’une semaine devant nous. Profiter de chaque occasion pour faire les choses qu’on a toujours eu envie de faire et de voir les personnes qu’on a toujours eu envie de voir. Ne pas attendre une occasion spéciale mais créer soi-mêmes ces opportunités. Je pars avec la joie de retrouver mon petit monde à mon retour (changé, évidemment). Je pars sans fuir. Mais en attendant, put… comme je me suis éclatée avant de partir! emoticone

Vivement que ça continue…